À propos du projet d’école à Daga
Sur la falaise de Bandiagara, au pays dogon circonscrit
dans la boucle du Niger au Mali, le village de Daga se situe à la
pointe de la falaise et surplombe la vaste plaine qui est
une avancée du désert, les vents de sables
qui couvrent périodiquement la falaise en sont les
signes qui s’intensifient années après
années.
C’est à Amono Dolo, le père d’Akonio
porteur du projet d’école, qu’on doit
l’existence de ce village. Issu de la chefferie de
Sangha (village principal du pays dogon, situé à une
dizaine de kilomètres de là), Amono et sa femme
Omoleï décidèrent, vers 1940, de s’installer
dans ce lieu désert pour désengorger Sangha
et trouver de nouveaux espaces pour les troupeaux et la culture
du mil et des oignons. La présence d’une nappe
phréatique était un encouragement majeur à cette
délocalisation.
D’autres familles vinrent rejoindre Amono Dolo et
ont fait en sorte de tenir tête à la sécheresse
et aux diverses endémies. Depuis plus de soixante
ans (une génération en fait), Daga a donc prospéré et
compte aujourd’hui environ 1500 habitants, dont une
centaine d’enfants non encore scolarisés. Ce
qui justifie l’urgence de voir fleurir une école
sur ce plateau.
Akonio, répondant à la
demande pressante du chef du village lors de son voyage en
2003, se mit en devoir de réunir des fonds pour installer
une école communautaire d’une classe afin d’accueillir
les jeunes des classes élémentaires. Les parents
répugnent à leur imposer la
descente périlleuse de la falaise composée
d’éboulis de roches volcaniques, pour se rendre à l’école
de Tirely, sise au flanc de la falaise. Parcours qui entraîne
périodiquement des accidents quand ce n’est pas des risques
mortels. Ils préfèrent donc les garder avec
eux pour les travaux agricoles ou la garde des troupeaux.
Sans entrevoir qu’ils retardent ainsi le développement
de leur région, cette dernière déjà si
menacée par le manque d’eau et les ravages de
récoltes lorsque les criquets les attaquent à la
saison des pluies.
L’été dernier, en juillet 2004, Akonio,
fort de la somme de 6 000 euros, qui semblait nécessaire
pour entreprendre la construction de l’école
et que l’association Dogon Théâtre avait
récoltée, se rendit au pays dogon et espérait
rester le temps qu’il faudrait pour donner le coup
d’envoi à l’édification de la classe.
Akonio avait déjà prévu l’emplacement
du site, à un jet de pierre du village, sur une aire
presque plane. Il enjoignit les villageois à casser
la roche afin de réunir le matériau pour ensuite
passer à la taille des pierres volcaniques.
Par ailleurs, Akonio se mit en devoir d’obtenir l’accord
du maire de Sangha, puis des administrations de Bandiagara
et enfin de déterminer le choix d’un entrepreneur
du pays.
Il apprit alors avec surprise que le
gouvernement malien imposait désormais aux associations soucieuses de
créer des lieux de scolarisation la création
de trois classes, des toilettes,
une infirmerie et une réserve pour les maîtres.
Avec bien évidemment un budget qui n’a plus
rien à voir avec celui, relativement modeste prévu
au départ. Le budget établi par l’entrepreneur
s’élève à 30 000 euros. Ce qui
retarde dès lors considérablement la réalisation
du projet.
Depuis le retour d’Akonio à Paris, en octobre
dernier, pour réunir cette somme, l'association a établi
des demandes auprès d’organismes et collectivités
locales qui prêtent une oreille favorable à ce
projet. Akonio est ponctuellement sollicité par des
centres culturels pour intervenir en tant que comédien
et animateur autour de ce projet, mais ces interventions
ne viennent pas assez à hauteur du financement requis.
Actuellement, nous attendons des réponses du Conseil
Général et de la région Ile-de-France,
de la Mairie de Paris, de l’Unesco et de quelques associations
sensibles à l’urgence de l’aboutissement
de cette construction.
Le Dogon Théâtre est fier de toucher un nombre
croissant de personnes qui vont
devenir les bâtisseurs d’un édifice, non seulement
en dur, mais culturel et humain. Et il met tous ses espoirs
dans la réunion des dons futurs pour que l’école
de Daga ne soit pas un vain rêve. |